Étiqueté : migration

Soirée « Les voies de la frontière » avec Stéphane Yanga et Francesco Piobbichi

Stephane Yanga est un activiste camerounais présent sur le bateau parti le premier octobre 2013 de Tripoli avec environ 500 personnes et qui a fait naufrage le 3 octobre près de Lampedusa, à deux kilomètres de la côte. Cela a été le deuxième plus grand massacre en Méditerranée du XXI siècle, avec 366 morts. Depuis cet événement la vie de Stephane a profondément changé et, poursuivant son engagement politique, il ressent très fort l’exigence de témoigner de ce qui se passe dans les routes de la migration: en Afrique subsaharienne, en Libye, en Méditerranée et en Europe.

Présentation du livre « Carte blanche »

Qu’est-ce qu’un étranger ? Qu’est-ce qu’un « migrant économique » ? Que lire derrière tous ces noms – Schengen, Frontex, Dublin – et ces sigles, OFPRA, CRA, OQTF ? La réponse, on la lira ici : ce sont les pièces d’un masque derrière lequel l’État français organise et dissimule une lutte féroce contre les étrangers, les plus pauvres, les plus noirs, les plus arabes. Du dernier commissariat jusqu’au Conseil d’État et à la Cour de cassation – plus question ici de séparation des pouvoirs – l’appareil d’État suit la loi quand elle l’arrange et la bafoue quand elle le gêne. Si c’est trop visible, la haute fonction publique prépare une nouvelle loi qui permet plus de contrôles, plus d’enfermements, qui donne carte encore plus blanche à l’exécutif dans cette lutte contre un ennemi décidément bien commode.

Vendredi 11 mai Présentation de la revue Mouvements: »Les migrant.e.s dans l’impasse des gouvernances »

La crise dite « des réfugié·e·s » qui a pris l’Europe de court à l’été 2015 est en fait une crise de la gouvernance des migrations. Incapables de décider politiquement un plan d’urgence face à l’afflux de plus d’un million de migrant·e·s fuyant la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, l’Erythrée, la Somalie ou le Pakistan, les gouvernements européens ont délibérément évité leur prise en charge matérielle et humaine. Cette incurie criminelle relève avant tout de sombres calculs politiques : en se montrant intransigeants face à la détresse des migrant·e·s, la plupart de ces gouvernements croient pouvoir décourager les candidat·e·s à l’exil et espèrent que les flux se reporteront vers les rares pays ayant pris leurs responsabilités (l’Allemagne et la Suède) ou s’arrêteront dans les pays de transit. La stratégie est destructrice. Pour les vies de celles et ceux qui tentent de rejoindre l’Europe pour se protéger des guerres et des exactions ou trouver une vie meilleure.