Étiqueté : littérature

Présentation du livre » Alger journal intense » avec Mustapha Benfodil

« Un Algérien, c’est quelqu’un qui est arrivé jusqu’à la lune et l’a trouvée fermée. »
À la croisée de plusieurs genres, ce roman-radiographie de l’Algérie contemporaine relève le pari de recréer le chaos de l’Algérie des années 1990 par l’expérimentation formelle : le texte est mots, ratures, photos, pages arrachées, papiers d’emballage, dessins… fragments, fracas, convulsions.
Karim Fatimi, astrophysicien de renom, meurt sur la route de Bologhine près de la « Maison hantée ». Mounia, sa femme, dévastée, entame alors un journal pour exorciser son chagrin. En parallèle, guidée par un étrange voyeurisme, elle décide de se plonger dans les innombrables écrits de toutes sortes accumulés par son mari. Le lecteur passe d’une narration à l’autre, reformant alors le puzzle de l’univers tourmenté de Karim Fatimi, écrivain écorché vif, mais aussi époux, père, fils, frère, amant en découvrant chaque moment clé de sa vie : Octobre 1988, la décennie noire, la naissance de leur fille ou encore ce mystérieux 28 novembre 1994…
Le livre est comme un corps, vivant, palpitant, à l’image du corps de Mounia sur lequel écrit le narrateur. Dans une langue ludique et généreuse, Mustapha Benfodil livre le lecteur aux mains d’un destin à l’humour parfois rose, parfois noir.
« … je ne peux concevoir l’écriture autrement que comme un puzzle dont les pièces sont éparpillées dans toutes les régions de la vie, du corps et du logos. Dans cette tâche, je dirais que mes plus belles pépites restent encore les perles du quotidien. »

Rencontre et échanges avec Kai Krienke autour de « Albert Camus, Jean Sénac, ou le fils rebelle » de Hamid Nacer-Hodja.

Jean Sénac et Albert Camus, tous deux nés en Algérie, ont entretenu une relation épistolaire entre 1947 et 1958. Cette correspondance est restée largement ignorée. Les lettres réunies ici par Hamid Nacer-Khodja, et son essai Le Fils rebelle, nous racontent l’amitié profonde qui lia les deux hommes. Quand Sénac, jeune poète de vingt ans, écrit pour la première fois à Camus, celui-ci est déjà internationalement connu. Pourtant l’écrivain répond aussitôt. Ces deux lettres inaugurent une correspondance affectueuse et exigeante. Dans son essai, Hamid Nacer-Khodja démontre que jean Sénac fut le fils rebelle d’Albert Camus, père impossible. Leur relation, qui s’inscrit entre la littérature et la politique, se termine dans l’impasse d’une tragique réalité, la guerre d’Algérie, dont les deux hommes eurent une approche différente.

Présentation du livre « Les imprudents » avec Olivier Bertrand

Le 3 mars 1944, les habitants d’un hameau perdu des gorges de l’Ardèche ont été fusillés à l’aube par des soldats SS, parce qu’ils avaient caché des maquisards. Dans ce village, il y avait quinze habitants, mais on y a retrouvé seize corps. Qui était ce seizième homme ? Personne n’avait jamais cherché à le savoir.

Présentation, lecture, débat autour du livre »Miracle de Jean Genet »

Inclassable et dérangeant, Miracle de Jean Genet n’est pas un ovni. C’est une exégèse sans les murs, sans l’académisme universitaire habituel. C’est un long poème écrit par une captive amoureuse aussi déjantée qu’érudite ; c’est une bombe littéraire sans retardement, tout comme on a parlé de la « bombe Genet » (Jean Cocteau) au sujet de l’auteur de Miracle de la rose. Le Miracle de Jean Genet, c’est celui de la poésie qui pulvérise tous les paradigmes éculés, fait voler en éclats les flicages quels qu’ils soient, y compris ceux de la pensée.

Entre un néant et un autre

Ratcharge (2004-2014) était un fanzine qui disséquait le quotidien avec le même acharnement que la musique. Au fil de ses trente-quatre numéros, il a montré ce que pouvait être la littérature punk : pas de nostalgie, une démarche autonome de A à Z et des récits directement tirés du vécu, couchés sur le papier comme trois accords plaqués dans un fracas de larsens. Errances urbaines, squats, dérives sous acide, apnées salariales, guerre contre l’ennui : une littérature brute, héritière bâtarde de la contreculture américaine et du vide existentiel de la banlieue parisienne.