Catégorie : Avril 2016

Syndicalisme révolutionnaire et éducation émancipatrice

Dans les années 1920 et 1930, les militants et militantes de la Fédération unitaire de l’enseignement ne se contentaient pas de défendre les intérêts des personnels, ils et elles voulaient transformer l’école « capitaliste ».  Ils et elles voulaient, au-delà de la défense de leurs conditions matérielles, mettre en pratique une pédagogie émancipatrice au service du changement social. Ils et elles voulaient former des individus capables de constituer une société juste et solidaire et s’appliquaient à rechercher théoriquement, expérimentalement les conditions pour rendre possible cette éducation. Partant de leurs écrits dans les différentes publications de la FUE : L’École émancipée et ses différents suppléments dont L’Émancipation ; les Éditions de la jeunesse ou encore la Nouvelle histoire de France, Gaëtan Le Porho met en avant l’engagement à la fois syndical et pédagogique des syndicalistes révolutionnaires jusque dans les années 1930. Cette étude, au travers de nombreuses citations, nous amène à réfléchir sur la nécessaire contribution des enseignant et enseignantes d’aujourd’hui, par leur réflexion et leurs pratiques, à la mise en place d’une éducation et d’une société émancipatrices.

Jusque là tout va bien

Jusque-là tout va bien ! C’est ce que disait l’homme, tombé du vingtième étage, en arrivant au deuxième. Telle est notre situation actuelle ! Réchauffement climatique, fonte des pôles, des glaciers, montée des eaux, pillage éhonté des biens communs, villes irrespirables, pollutions tous azimuts, agonie des terres agricoles vérolées de chimie, de pesticides et d’OGM, nucléaire et ses déchets éternels…

Un peuple de promeneur

Dans sa préface, Lydie Dattas parle d’Alexandre Romanès comme d’un «intuitif» qui «déroute la raison». En effet, les petites histoires gitanes, les dits, les aphorismes rassemblés ici offensent souvent la logique cartésienne, sinon les pensées et les mœurs des «gadjé». S’il fait la leçon à une civilisation qui offense le cœur plus souvent qu’à son tour, c’est avec raison. Sa parole est simple, efficace et parfois même déplacée pour le sédentaire! Mais elle fait respirer souvent un air plus frais et chaleureux que celui qui nous est donné.

Non, nous ne sommes pas un peuple élu

De la fin du XIXe siècle au génocide, les bourgades juives d’Europe orientale sont frappées de plein fouet par la modernisation industrielle, l’explosion de l’antisémitisme et l’émigration (4 millions de Juifs fuient vers l’Europe de l’Ouest et l’Amérique). C’est dans ce contexte qu’est fondé à Vilnius, en 1897, le Bund, Union générale juive des travailleurs de Lituanie, de Pologne et de Russie. Social-démocrate, le Bund est combattu par les communistes bolcheviques et ses cadres seront éliminés sous Staline. Partisan de la doïkeyt (en yiddish l’“icitude”, c’est-à-dire le refus de fuir) et d’une autonomie culturelle en Russie et en Pologne, le Bund s’oppose à l’émigration et à l’implantation juives en Palestine prônées par les militants sionistes. Ce puissant mouvement politique n’a pas survécu à l’extermination de sa base sociale par l’Allemagne nazie et ses alliés.