Auteur : Elo

Dans la classe de l’homme blanc

Que faire des enfants de l’immigration coloniale et postcoloniale ? L’école doit-elle adapter ses programmes à leur présence ? La question de l’articulation entre l’universalisme républicain et la pluralité culturelle a toujours travaillé l’institution scolaire, mais elle s’est reconfigurée ces quarante dernières années pour répondre aux débats sur l’immigration et la mémoire coloniale. Que faire des héritages d’une histoire douloureuse pour les uns, glorieuse pour les autres, méconnue de beaucoup ?

La possibilité du fascisme

Mouvement réactionnaire de masse contre l’égalité des droits ; migrants enlevés, tabassés et laissés pour mort par des milices à Calais ; large diffusion de thèses réactionnaires, xénophobes et islamophobes ; intensification du quadrillage répressif des quartiers populaires et violences policières impunies ; manifestations interdites et criminalisation croissante de toute contestation ; scores inégalés du Front national à toutes les élections depuis 2012. Sous des formes disparates et encore embryonnaires, mais dont la seule énumération dit le pourrissement actuel de la politique, c’est le fascisme qui fait retour.
Et celui-ci s’annonce non comme une hypothèse abstraite mais comme une possibilité concrète. Pourtant, la possibilité du fascisme est généralement balayée d’un revers de main par les commentateurs : comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l’homme, pourrait-elle engendrer le monstre fasciste ? La France ne s’est-elle pas montrée « allergique » au fascisme tout au long du XXe siècle, comme le prétendent certains historiens français ? Le Front national n’a-t-il pas renoncé au projet ultranationaliste, raciste et autoritaire qui le caractérisait depuis sa création ? N’assiste-t-on pas au renouveau du capitalisme français sous les auspices d’un jeune président réalisant enfin les « réformes » prétendument nécessaires ?
C’est à démonter ces fausses évidences que s’attache ce livre, scrutant ainsi la trajectoire d’un désastre possible, enraciné dans la triple offensive – néolibérale, autoritaire et raciste – dont Emmanuel Macron est la parfaite incarnation, mais un désastre résistible, pour peu que le danger soit reconnu à temps et qu’émerge un nouvel antifascisme, capable de mener de front le combat contre l’extrême droite et celui contre les politiques destructrices qui favorisent son ascension.

Kanaky

En avril-mai 1988, l’affaire de la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, menée par un groupe d’indépendantistes s’est soldée par une intervention militaire et un bilan de vingt et un morts, dont dix-neuf Kanak. Parmi les victimes, Alphonse Dianou, vingt-huit ans, musicien, ancien sémina­riste se destinant à la prêtrise, admirateur de Gandhi et militant charismatique du FLNKS (Front de libé­ration nationale kanak et socialiste).
Terroriste ou martyr ? Français ou “barbare” kanak ? Pacifiste ou assassin ? Chrétien ou communiste ? Le personnage – avec ses légendes contradictoires et paradoxales – a longtemps intrigué Joseph Andras, qui est parti en Kanaky sur les traces de cette figure des luttes anticolonialistes du xxe siècle.
Portrait d’un homme complexe et passionnant, ce livre est également journal de voyage dans un archipel méconnu et délaissé, récit de rencontres et d’échanges, reconstitution documentée d’un épisode sanglant de l’histoire récente, réflexion sur les vestiges de l’empire français. Le tout dans un style à la fois tranchant et lyrique, avec un engagement ardent, une curiosité patiente et attentive, qui sont la marque des écrits de Joseph Andras.

Paniques identitaires

Femmes en burkini suscitant des bagarres, cafés noyautés par des musulmans et « interdits aux femmes », viols effectués par cinquante individus musulmans à Francfort… Depuis quelques années, des informations inventées de toutes pièces ont pris de l’ampleur dans les grands médias, dans le but d’entretenir la peur d’un ennemi supposé menacer la nation et ses valeurs.

Le président du monde

Le Président du Monde est un homme très occupé. Son téléphone sonne sans arrêt ; entre ses dossiers prioritaires, urgents ou confidentiels, il ne sait plus où donner de la tête. Sans parler de ses conseillers qui rêvent tous d’une promotion et qui le harcèlent sans vergogne et la presse qui pose toujours des questions indiscrètes. Mais un jour un monstre s’échappe du lac de Tout-là-haut et menace la ville. C’est la panique ! Le président ne sait plus que faire et comme à chaque fois qu’il est perdu, il appelle sa maman… qui lui conseille de ne rien faire et de venir manger son gigot avant qu’il ne soit froid. Mais le monstre n’a pas dit son dernier mot.

Liberté dignité justice-récits et voix de Syrie

Pourquoi n’avons-nous rien fait ? En Syrie, des femmes et des hommes se sont opposés au régime qui les opprimait, ils ont fait face à la dictature. Les premières manifestations ont pris de court observateurs et spécialistes. Tellement les risques d’être emprisonné·e·s, torturé·e·s ou tué·e·s étaient grands. Tellement ces risques avaient maintenu jusque-là les Syrien·ne·s dans le silence. Dans ce numéro, des hommes et des femmes syriennes nous racontent leur révolution pour faire tomber la dictature et instaurer leur démocratie. Ils nous rappellent en écho notre impuissance à les aider, à nous révolter nous aussi contre la dictature de Bachar al-Assad.